Sud-Kivu sous tension : La crise entre Kinshasa, Kigali et Bujumbura frôle l’embrasement régional
- Lionel Okito Fataki
- 10 déc. 2025
- 2 min de lecture

L’inquiétude monte dans la région des Grands Lacs. Dans un entretien accordé à Radio France Internationale (RFI), le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a lancé un avertissement sans ambiguïté : « Ce qui menace Uvira menace aussi Bujumbura », affirmant que son pays « userait de tous les moyens pour se protéger ».
Uvira calme… en apparence
Sur le terrain, la ville d’Uvira reste, pour l’instant, relativement paisible. Les habitants rapportent l’absence de mouvements visibles des rebelles de l’AFC–M23, tandis que l’armée congolaise assure contrôler presque toute la ville et ses abords. Malgré ces messages rassurants, plusieurs civils ont déjà commencé à traverser la frontière pour trouver refuge au Burundi.
Kigali contre-attaque et accuse Kinshasa et Bujumbura
Dans un communiqué publié mercredi 10 décembre 2025, le gouvernement rwandais a nié toute implication dans les combats. Kigali accuse plutôt les FARDC et l’armée burundaise d’avoir violé le cessez-le-feu issu de l’accord de Washington, en menant des frappes aériennes avec des avions de chasse et des drones. Ces opérations, affirme-t-il, auraient provoqué un afflux de réfugiés congolais vers le Rwanda.
Une lecture totalement rejetée par des acteurs de la société civile du Sud-Kivu, qui dénoncent une « diversion ».« Nous avons vu les rebelles intensifier leurs attaques contre les FARDC, et plusieurs localités sont tombées successivement. L’armée rwandaise a tiré des mortiers depuis son territoire vers des zones du Sud-Kivu », assure l’une de ces sources.
Accusations croisées et montée des tensions
Kigali accuse également le Burundi d’avoir déployé près de 20 000 soldats au Sud-Kivu et d’imposer un siège aux localités banyamulenge dans la région de Minembwe.
Face à l’escalade, les États-Unis et plusieurs pays européens appellent l’AFC–M23 et les RDF à stopper immédiatement leur offensive sur Uvira et à appliquer la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Un risque d’embrasement jamais aussi proche
Alors que Kinshasa continue de pointer du doigt le soutien présumé du Rwanda aux rebelles, en violation des engagements pris à Washington, la situation reste extrêmement volatile.Le spectre d’une guerre régionale plane désormais plus lourdement que jamais sur le Sud-Kivu.
Rédaction : +243 897 916 317








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